Historique de Tamatave:
Dés le début du XIXème siècle, Toamasina ou Tamatave fut le théâtre d’escarmouches entre les Français venant de la Réunion, les Anglais venant de l’île Maurice et les Malgaches, principalement les Betsimisaraka, « les nombreux inséparables » qui peuplent cette côte est de Madagascar. Cette ville fut souvent colonisée puis rendu durant tout ce siècle. Son nom vient probablement de cette petite histoire. Le roi Radama 1er, descendant de la capitale pour soumettre les envahisseurs, goûta l’eau de la mer et s’exclama : « Toa masina ! » ou c’est salé. Colonisé dés 1880 comme le reste de l’île, Tamatave vit partir la dernière reine de Madagascar, Ranavalona III, en exil, dont elle ne revint jamais en 1897. Et avec elle, ce fut la souveraineté du pays qui s’en fut en exil. Car depuis lors et jusqu’en 1940, Madagascar fut colonie anglaise et française.
Les Betsimisaraka sont l’âme de cette ville avec leurs pousse-pousse, qu’ils tirent à longueur de journée, vide ou avec passagers. Capitale des Betsimisaraka, Tamatave est aujourd’hui peuplée de nombreuses populations autochtones et étrangères. Européens, Asiatiques et indigènes s’y côtoient et lui donnent un air cosmopolite. Chacun y trouve ses marques et il y règne un savant mélange de saveurs indienne, chinoise, européenne et malgache. Il en découle bien sûr beaucoup de métissage, que ce soit au niveau des peuples, de la religion ou de la cuisine, excellente d’ailleurs. Et l’on dit même que qu’il ne faut pas quitter Tamatave sans y avoir goûter sa soupe chinoise réputée dans tout Madagascar.
Aujourd’hui comme autrefois, Tamatave vit au rythme de son port et de la saison de letchis. Il y passent environ 70 bateaux par mois, qui alimentent les marchés intérieurs de produits étrangers et repartent plein de produits saveurs exotiques vers les marchés extérieurs. La population locale est une population marchande et de pécheurs comme on peut en trouver seulement dans les ports. Très avenants, les marchands savent vendre et il nous est parfois difficile de résister à la tentation de toutes ces épices et autres artisanats qui envahissent les marchés.